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Palmarès des salades anti-âge : toutes les feuilles ne se valent pas !

25 août
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 août



On les croit parfois interchangeables. Pourtant, toutes les salades n’ont pas le même profil nutritionnel.

Sous leurs airs légers, feuilles vertes, rouges et pourpres affichent des teneurs très différentes en polyphénols, caroténoïdes, vitamine B9, potassium, calcium et fibres.

Et lorsqu’on s’intéresse à l’alimentation après 50 ans et au vieillissement en bonne santé, ces différences méritent que l’on s’y attarde.


🥇 Polyphénols : la laitue rouge écrase la concurrence

La grande championne des polyphénols est sans conteste

la laitue rouge, avec 571 mg de polyphénols pour 100 g.

Cette teneur couvre plus de 50 % des apports recommandés en polyphénols.

Elle devance très largement :

  • la feuille de chêne rouge : 322 mg/100 g ;

  • la Trévise : 312 mg/100 g ;

  • la Batavia : 126 mg/100 g ;

  • la Romaine, la Sucrine et la laitue classique : autour de 64 mg/100 g ;

  • l’Iceberg : seulement 18 mg/100 g.

Une tendance se dessine clairement : les feuilles rouges ou pourpres figurent parmi les plus intéressantes en composés phénoliques.


Avec l'âge, on a besoin de polyphénols pour lutter contre le stress oxydatif, réduire l'inflammation chronique et protéger les fonctions cérébrales et cardiovasculaires.


🥇 Caroténoïdes : la Trévise prend la tête


La Trévise prend sa revanche du côté des caroténoïdes avec 8,85 mg pour 100 g de caroténoïdes totaux.

Elle est suivie de près par la Romaine et la Sucrine, avec 7,54 mg, tandis que la laitue rouge et la feuille de chêne rouge atteignent 6,22 mg.

Les salades apportent deux types de caroténoïdes : bêta-carotène et lutéine (et zéaxanthine)


🥇 Bêta-carotène :

Romaine et Sucrine largement en tête

Pour le bêta-carotène, la Romaine et la Sucrine dominent nettement le classement avec 5,226 mg pour 100 g.

Le classement est le suivant :

  1. Romaine et Sucrine — 5,226 mg, soit 87,1 % des apports journaliers recommandés

  2. Laitue rouge et feuille de chêne rouge — 4,495 mg, soit 74,9 % des AJR

  3. Batavia et feuille de chêne — 4,443 mg, soit 74,1 %

  4. Laitue — 33,1 % des AJR

  5. Iceberg — 5,0 % des AJR

  6. Trévise — 0,3 % des AJR

Le bêta-carotène est un précurseur de la vitamine A : l’organisme peut le convertir en vitamine A selon ses besoins.

Avec l'âge, la capacité de l'organisme à convertir le bêta-carotène en vitamine A a tendance à devenir moins efficace, à cause du ralentissement digestif et la diminution de l'assimilation des nutriments et des graisses nécessaires au transport du bêta-carotène.

Or, la vitamine A est indispensable à la santé de la peau et des muqueuses, au bon fonctionnement du système immunitaire et aussi à la vision.



👁️ Lutéine + zéaxanthine :

la Trévise écrase la concurrence

Le classement change complètement lorsqu’on s’intéresse à la lutéine et à la zéaxanthine.

Cette fois, la Trévise arrive très largement en tête, avec 8,832 mg pour 100 g :

  1. Trévise —88 % des AJR

  2. Romaine et Sucrine — 23 % des AJR

  3. Batavia et feuille de chêne , Laitue rouge et feuille de chêne rouge  : 17 % des AJR

La différence est spectaculaire : la Trévise apporte près de quatre fois plus de lutéine + zéaxanthine que la Romaine et la Sucrine.

Ces deux caroténoïdes sont particulièrement intéressants avec l’avancée en âge, car ils se concentrent naturellement dans la macula, la zone centrale de la rétine impliquée dans la vision fine.

De plus, les scientifiques ont observé que la lutéine aide à protéger les neurones et à préserver les fonctions cognitives en s'accumulant dans le cerveau au fil du vieillissement.


Vitamine K1 : le grand point fort des salades

C’est probablement le micronutriment le plus remarquable :

  1. Trévise — 255,2 µg, soit environ 365 % des AJR

  2. Laitue rouge et feuille de chêne rouge — 140,3 µg, soit 200 %

  3. Batavia et feuille de chêne — 126 µg, soit 180 %

  4. Romaine, Sucrine et laitue — environ 102 µg, soit 146 %

  5. Iceberg — 24,1 µg, soit 34 %

La vitamine K1 contribue notamment à la coagulation normale et au maintien des os.

 Avec l'avance en âge, la vitamine K (aux côtés de la vitamine D et du calcium) joue un rôle dans la prévention de l'ostéoporose en favorisant la fixation du calcium sur les os.

Les besoins en cette vitamine s'établissent autour de 79 µg à 90 µg par jour chez l'adulte.


Attention : les personnes prenant un traitement anticoagulant antivitamine K doivent surtout conserver une consommation régulière plutôt que modifier brutalement leurs apports.


Vitamine B9 : Romaine et Sucrine loin devant

Pour les folates — ou vitamine B9 — Romaine et Sucrine remportent largement la première place, avec environ 136 µg pour 100 g.

Elles devancent :

  • la laitue : 73 µg ;

  • la Trévise : 60 µg ;

  • la Batavia et la feuille de chêne : 38 µg ;

  • les laitues rouges : 36 µg ;

  • l’Iceberg : 29 µg.


Avec l'âge, les besoins en vitamine B9 (ou acide folique) augmentent tandis que son absorption par l'organisme diminue.

La vitamine B9 intervient notamment dans la division cellulaire, la formation normale du sang et le métabolisme de l’homocystéine.

Les signes d'alerte de la carence en vitamine B9 :

  • Fatigue intense et faiblesse générale.

  • Pâleur et essoufflement à l'effort (liés à une possible anémie).

  • Troubles de la mémoire ou de la concentration.

  • Irritabilité ou baisse de moral.

Un argument supplémentaire pour ne pas réserver la Romaine à la seule salade César !



Potassium : avantage Trévise

Avec 302 mg pour 100 g, la Trévise décroche la médaille d’or du potassium.

Romaine et Sucrine suivent avec 247 mg, puis la laitue classique avec 238 mg.

Le potassium participe notamment au fonctionnement normal du système nerveux et des muscles et contribue au maintien d’une pression artérielle normale.


🥇Calcium : des écarts beaucoup plus modestes

Pour le calcium, le classement est nettement plus serré.

Batavia et feuille de chêne arrivent en tête avec environ 36 mg pour 100 g, juste devant la laitue classique à 35 mg et plusieurs autres variétés autour de 33 mg.

C’est un complément appréciable, mais ces quantités restent modestes bien que le calcium de ces salades soit absorbé à 40 % environ.


Fibres : encore une victoire pour Romaine et Sucrine

Avec 2,1 g de fibres pour 100 g, Romaine et Sucrine occupent également la première place de ce classement.

Viennent ensuite la Batavia et la feuille de chêne avec 1,3 g, puis l’Iceberg avec 1,2 g.

Cela reste modeste comparativement aux légumineuses, céréales complètes ou graines, mais dans une alimentation variée, chaque contribution compte.


Alors, quelle est la meilleure salade après 50 ans ?

S’il fallait choisir la variété offrant le profil le plus polyvalent, la Romaine serait une excellente candidate.

Elle combine une teneur élevée en vitamine B9 et en fibres, beaucoup de caroténoïdes et un apport intéressant en potassium.

Mais si l’objectif est de diversifier au maximum les composés végétaux, les feuilles rouges et la Trévise ont de sérieux arguments à faire valoir, notamment grâce à leurs teneurs élevées en polyphénols et caroténoïdes.

Quant à l’Iceberg, elle ferme souvent la marche sur le plan des micronutriments. Très riche en eau, croquante et rafraîchissante, elle n’est pas « mauvaise » pour autant : elle est simplement moins concentrée en certains micronutriments et composés phytochimiques que les feuilles plus colorées.


🥗 Le véritable champion anti-âge ?

Associer les champions !

Plutôt que de rechercher une salade championne, le choix le plus intéressant consiste à associer plusieurs feuilles aux profils complémentaires.

Pour composer une salade particulièrement riche en composés protecteurs :

  • Laitue rouge ou feuille de chêne rouge pour faire le plein de polyphénols, de puissants composés antioxydants ;

  • Trévise pour sa richesse exceptionnelle en lutéine et zéaxanthine, deux caroténoïdes particulièrement intéressants pour la santé visuelle, ainsi que pour son potassium ;

  • Romaine ou Sucrine pour compléter avec du bêta-carotène, tout en apportant davantage de vitamine B9 et de fibres.

🫒 Et l’huile d’olive a aussi son rôle à jouer

Ajoutez un filet d’huile d’olive vierge extra : non seulement elle apporte ses propres composés bioactifs, notamment des polyphénols, mais ses matières grasses favorisent également l’absorption des caroténoïdes liposolubles présents dans les feuilles.

🌿 Le réflexe à retenir

Rouge ou pourpre + vert foncé + huile d’olive vierge extra.

Autrement dit : laitue rouge + Trévise + Romaine, avec un filet d’huile d’olive.

Une association simple qui permet de réunir dans la même assiette polyphénols, lutéine, zéaxanthine, bêta-carotène, folates, fibres et potassium — bien plus intéressante, dans une logique de vieillissement en bonne santé, que de miser toujours sur la même salade.

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